Thursday, 23 April, 2026

NIGER, LE GRAND MENAGE DE PRES DE 3000 ASSOCIATIONS ET ONG


En suspendant près de 3 000 ONG et associations en une seule année, les autorités nigériennes posent un acte de rupture majeur. Présentée comme une opération d’assainissement, cette décision traduit la volonté affirmée de reprendre le contrôle d’un secteur longtemps marqué par l’opacité, les financements peu lisibles et des missions parfois éloignées des priorités nationales.

Les autorités nigériennes poursuivent avec fermeté leur politique de réorganisation de l’espace associatif. Le président du Niger le Général Abdourahamane Tiani a confirmé avoir suspendu au cours de l’année 2025, les activités de près de 2 900 ONG et associations de développement sur un total de 4 700 structures recensées dans le pays. L’annonce a été faite à la télévision d’État par le général Mohamed Toumba, qui s’est félicité de cette réforme d’envergure. Selon lui, le nombre d’ONG actives est passé de 4 700 à 1 800, signe d’un recentrage assumé sur les structures jugées conformes aux exigences nationales. Les autorités présentent cette mesure comme une opération d’assainissement devenue indispensable. Désormais, les organisations autorisées à exercer devront répondre à des missions clairement définies et se conformer aux priorités nationales de développement arrêtées par l’État nigérien.

Cette décision, saluée par de nombreux observateurs attachés à la souveraineté des États, apparaît comme un acte de courage politique. Elle vise à mettre un terme à la prolifération d’associations écrans, de structures sans impact réel et d’ONG dont la feuille de route demeurait floue, parfois opaque. Dans plusieurs pays africains, de telles entités ont longtemps prospéré à l’abri de contrôles insuffisants.

Depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2023, le régime nigérien fait de la transparence et de la maîtrise des leviers nationaux une priorité constante. Les autorités reprochent régulièrement à certaines ONG un manque de clarté dans leur gestion, ainsi qu’une déconnexion manifeste avec les besoins réels des populations.

En 2025 déjà, plusieurs organisations locales et internationales avaient été interdites d’exercer pour non-respect d’obligations administratives, notamment la publication de leurs états financiers 2024 au Journal officiel. Selon les chiffres officiels, les ONG et associations avaient mobilisé en 2024 plus de 250 milliards de francs CFA. Au sein de l’Alliance des États du Sahel, cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large de reprise en main institutionnelle. Le Burkina Faso a d’ailleurs adopté en 2025 une législation renforçant les obligations administratives imposées aux associations.

Le Niger envoie ainsi un message clair. La solidarité internationale demeure la bienvenue, mais elle doit désormais s’exercer dans la transparence, la loyauté et le respect absolu des intérêts nationaux.

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