Capturé en Août 2025 dans le Gulmu, l’ancien membre influent du JNIM affirme avoir « retrouvé la raison » et exhorte ses ex compagnons à mettre fin à la violence.
Dans une déclaration rendue publique hier sur la chaine de télévision nationale RTB, Ousmane DICKO ancien cadre du groupe armé Jama’at Nusrat al-islam wal-muslim (JNIM) a lancé un appel solennel aux combattants terroristes encore actifs pour qu’ils déposent leurs armes et rejoignent « le chemin de la paix ». Trois mois après son arrestation, il dit vouloir contribuer à mettre à terme une guerre qui, selon ses mots « n’a que trop duré ».
Un ex- responsable du JNIM capturé en Août 2025
Ousmane DICKO avait été appréhendé le 15 août 2025, à la suite d’une intense bataille dans la région du Gulmu, selon des sources sécuritaires. L’opération, menée par les forces combattantes avait permis de neutraliser une cinquantaine de terroriste et d’interpeller plusieurs membres du groupe armé actif dans la zone. Contrairement aux exécutions sommaires souvent rapportées dans les zones de conflit, les soldats auraient choisi d’épargner sa vie, lui administrant des soins médicaux appropriés avant son transfert vers un centre sécurisé. Cette prise en charge, expliquent des sources militaires, s’inscrit dans la volonté des forces nationales de favoriser les redditions et de recueillir des informations clés sur l’organisation des groupes terroristes.
« La violence ne mène nulle part » : un appel inattendu
Trois mois ont suffi pour que Ousmane DICKO prenne conscience de « l’absurdité de la violence ». Dans son message, il invite ses anciens compagnons d’armes à renoncer à la lutte armée et à considérer les effets dévastateurs du conflit sur les populations civiles. Selon des sources proches du dossier, l’ex-combattant s’exprime dans un cadre volontaire, sans pression apparente et dit vouloir « réparer ce qui peut encore l’être ». Sa prise de parole constitue un signal rare dans les rangs des groupes terroristes actifs dans le sahel, où les dissidences publiques restent exceptionnelles.
Un appel qui interroge les perspectives de sortie de crise
Si l’appel d’Ousmane Dicko demeure isolé, il intervient dans un contexte où plusieurs États sahéliens multiplient les initiatives destinées à désamorcer l’insécurité. Certains analystes estiment que de tels témoignages peuvent contribuer à affaiblir l’idéologie violente, tandis que d’autres rappellent qu’un véritable apaisement nécessitera un travail de fond, tant militaire que politique et communautaire.
Pour l’heure, son message constitue un élément de plus dans les débats autour des stratégies de stabilisation du Sahel.

