Friday, 17 April, 2026

TOMATE SOUS CONTROLE, PRODUCTEURS SOUS PRESSION / LE PRIX REEL D’UNE SOUVERAINETE DECRETEE


Il y a des décisions qui protègent. D’autres qui exposent. Au Burkina Faso, l’interdiction d’importer la tomate se veut un bouclier pour la production nationale. Sur le papier, c’est une promesse de souveraineté alimentaire. Dans les champs, c’est une autre histoire.

Avant même cette mesure, l’État avait déjà fixé le prix de la tomate. Un prix jugé trop bas par de nombreux producteurs. Résultat, ceux qui cultivent nourrissent, mais ne vivent plus. Et ceux qui décident stabilisent… sans toujours sécuriser. Interdire les importations sans garantir un prix juste, c’est fermer une porte tout en laissant la maison sans toit. La logique est simple, il faut protéger le marché local, oui. Mais à quel coût humain ? Car derrière chaque caisse de tomates, il y a des saisons d’efforts, des crédits à rembourser, des familles à faire vivre. Quand le prix ne couvre même plus les charges, la production devient un risque, et non une opportunité. La colère qui monte n’est pas un caprice. C’est un signal.
Un marché ne se décrète pas uniquement par arrêté. Il s’équilibre, il s’écoute, il s’ajuste. Le Burkina Faso veut consommer ce qu’il produit. L’ambition est noble. Mais pour qu’elle tienne, il faut une condition simple, presque évidente à savoir que produire ne soit pas une perte. Sinon, la souveraineté devient un slogan. Et la tomate, un symbole amer.

0 comments on “TOMATE SOUS CONTROLE, PRODUCTEURS SOUS PRESSION / LE PRIX REEL D’UNE SOUVERAINETE DECRETEE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *