Friday, 17 April, 2026

SCANDALE FINANCIER A L’OTR / QUAND LE SOUPÇON D’ENRICHISSEMENT ILLICITE DEFIE L’AUTORITE DE L’ÉTAT


Il est des faits qui, à eux seuls, mettent à l’épreuve la crédibilité d’une institution. Les révélations récentes impliquant des agentes de l’Office togolais des recettes, soupçonnées d’opérations financières massives sans justification d’origine relèvent de cette catégorie. Dans une institution censée incarner la rigueur et l’orthodoxie financière, de tels agissements s’ils sont avérés, ne constituent pas une simple entorse administrative ils interrogent profondément la capacité du système à se réguler et à se protéger contre ses propres dérives.

Selon des éléments rapportés, deux agents de l’OTR, Togo-DONKO Bileyo et de KLOUVI FOLIGAN Dédégan seraient mises en cause dans des opérations financières inhabituelles, caractérisées par des dépôts réguliers de sommes importantes en espèces, sans justificatif d’origine clairement établi auprès de compagnies d’assurance au Togo. Les montants évoqués atteindraient plusieurs centaines de millions de francs CFA chaque mois. Si ces faits venaient à être confirmés par les enquêtes en cours ou à venir, ils constitueraient un manquement grave aux principes de transparence, de probité et de bonne gouvernance qui doivent guider toute administration publique a fortiori une régie financière stratégique comme l’OTR.

Dans un contexte où les populations font face à des difficultés économiques réelles, toute suspicion de détournement ou d’enrichissement illicite est non seulement choquante, mais profondément inacceptable. L’argent public n’est pas une ressource privée. Il est le fruit de l’effort collectif et doit être géré avec rigueur et intégrité. Ces révélations interpellent directement les plus hautes autorités de l’État, ainsi que les institutions chargées de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Leur rôle est crucial. Elles doivent agir avec diligence, indépendance et fermeté. Il en va de la crédibilité des institutions et de la confiance des citoyens.

Au-delà des personnes citées, c’est toute la chaîne de contrôle interne qui mérite d’être examinée. Comment de telles opérations ont-elles pu être réalisées sans alerte préalable ? Existe-t-il des failles structurelles dans les mécanismes de surveillance ? Ces questions doivent recevoir des réponses claires. La lutte contre la mauvaise gouvernance ne saurait être sélective. Elle doit s’appliquer à tous, sans distinction de statut ou de proximité avec des responsables, actuels ou anciens. L’impunité, réelle ou perçue, alimente la défiance et fragilise l’État. Il est donc impératif que toute la lumière soit faite. Si les faits sont avérés, des sanctions exemplaires doivent être prises à la hauteur de la gravité des actes. La rigueur n’est pas une option. Elle est une exigence. Dénoncer les dérives de gouvernance, c’est aussi refuser l’inaction face à ce type de pratiques. Le Togo a besoin d’institutions fortes, crédibles et irréprochables. C’est à ce prix que pourra se consolider un véritable pacte de confiance entre l’État et les citoyens.

L’État ne peut tolérer que ceux qui sont chargés de collecter et de sécuriser les ressources publiques deviennent par leurs actes, les symboles de leur dilapidation. Il en va de l’autorité de la République, de la dignité des institutions et du respect dû à chaque citoyen. Si la faute est établie, la sanction doit être implacable. Car à défaut de justice, c’est la confiance qui s’effondre et avec elle, les fondements mêmes de la gouvernance.

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