Saturday, 18 July, 2026

À TANDA, LA PAIX REPREND ENFIN LE DESSUS


Le 15 juillet 2026, la commune rurale de Tanda, dans le département de Gaya, a franchi une étape déterminante avec la signature d’un accord de paix entre les communautés Dendi et Peulh. Fruit de plusieurs mois de médiation conduite sous l’égide de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, cette réconciliation ouvre une nouvelle perspective pour une localité longtemps fragilisée par les tensions communautaires. Au-delà de l’événement, c’est la volonté de reconstruire la confiance, de restaurer le vivre-ensemble et de faire reculer durablement les divisions qui s’est exprimée.

Il est des journées qui dépassent le cadre d’une simple cérémonie officielle. Elles marquent le moment où une population choisit de tourner le dos à la méfiance pour retrouver le chemin du dialogue. À Tanda, ce 15 juillet, ce ne sont pas seulement des signatures qui ont été apposées au bas d’un document. C’est une promesse collective qui a pris forme, celle de deux communautés décidées à refermer un chapitre douloureux de leur histoire afin d’offrir aux générations futures un horizon plus serein. Sous la supervision du président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix, le Général de brigade Amadou Diddili, la cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de la région de Dosso, le Colonel-Major Bana Alhassane, du chef de bureau de HD Niger, Lawan Zoungou Massaoudou, ainsi que de nombreuses autorités administratives, coutumières, religieuses et des Forces de défense et de sécurité. Dans son intervention, le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix a rappelé que les fractures internes ne profitent qu’aux groupes terroristes qui cherchent à exploiter les divisions pour affaiblir les sociétés. Il a appelé les populations à préserver l’unité nationale en soulignant que l’accord conclu constitue avant tout un engagement moral envers la Nation, envers Dieu et envers les générations qui hériteront de cette terre. Le gouverneur de la région de Dosso a, pour sa part, insisté sur le caractère fondamental de la paix pour le développement économique et social. Il a rappelé qu’aucune école, aucune activité agricole, aucun commerce durable ne peut prospérer dans un climat d’insécurité. Pour lui, les liens historiques, familiaux et culturels qui unissent les communautés nigériennes doivent demeurer plus forts que les différends susceptibles de les opposer. Cette réconciliation est également le résultat d’un patient travail de médiation conduit durant cinq mois avec l’appui de HD Niger. Selon son représentant, le processus a reposé sur une démarche inclusive associant autorités locales, chefs traditionnels, leaders religieux, représentants de la diaspora, femmes et jeunes. Cette approche a permis de restaurer progressivement le dialogue entre les différentes composantes de la société locale et de créer les conditions d’un accord librement accepté.

Le moment le plus symbolique de la journée est intervenu lorsque les représentants des communautés Dendi et Peulh, accompagnés des leaders religieux, des femmes, des jeunes et des membres de la diaspora, ont signé le protocole de paix sous le regard des garants du processus. Le chef de canton de Gaya, le préfet du département, l’administrateur délégué de la commune de Tanda, le gouverneur de Dosso ainsi que le président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix ont à leur tour apposé leur signature, consacrant officiellement l’engagement des différentes parties. La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère empreinte de recueillement avec une lecture du Saint Coran, des prières collectives et des prestations culturelles célébrant la paix, le pardon et la cohésion sociale. Ces expressions artistiques ont rappelé que la réconciliation ne relève pas uniquement des institutions, mais qu’elle prend également racine dans les traditions, les valeurs et la participation active des populations.

Au-delà de sa portée symbolique, cet accord ouvre des perspectives concrètes pour les habitants de Tanda. Le retour progressif de la confiance devrait favoriser la reprise des activités agricoles et pastorales, la relance des échanges commerciaux ainsi qu’un renforcement de la présence des services publics dans cette partie du département de Gaya.

Les accords signés à Tanda ne mettent pas seulement un terme à un conflit communautaire. Ils rappellent qu’au cœur des crises les plus profondes, le dialogue demeure l’un des instruments les plus puissants pour reconstruire une société. Lorsque des communautés choisissent le pardon plutôt que la confrontation, elles ne protègent pas uniquement leur présent. Elles donnent également à leurs enfants l’héritage le plus précieux qu’une nation puisse transmettre, celui d’une paix durable bâtie sur la confiance, le respect mutuel et la volonté de vivre ensemble.

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