Wednesday, 10 June, 2026

GOULOURÉ RENAÎT ET CHANGE D’ÉCHELLE LE BURKINA FASO FRANCHIT UNE NOUVELLE ÉTAPE DANS SA STRATÉGIE DE MAÎTRISE DE L’EAU


Longtemps réduit à l’état de vestige après son effondrement à la fin des années 1990, le barrage de Goulouré retrouve aujourd’hui toute sa place dans le dispositif national de mobilisation des ressources hydriques. Entièrement reconstruit sous l’impulsion des autorités burkinabè actuelles, l’ouvrage affiche désormais une capacité de stockage exceptionnelle de 1 023 000 mètres cubes contre seulement 80 000 mètres cubes à l’origine. Une réalisation qui illustre la volonté affirmée du Burkina Faso d’accélérer sa marche vers la souveraineté alimentaire à travers des investissements structurants au service des producteurs et des communautés rurales.

Kokologho, région du Nando

Sous le soleil de Goulouré, le paysage témoigne désormais d’une transformation profonde. Là où subsistaient encore les traces d’un ouvrage disparu depuis près de trois décennies s’élève aujourd’hui une infrastructure hydraulique moderne appelée à jouer un rôle déterminant dans le développement économique et social de toute une zone de production. En visite sur le site ce 9 juin 2026, le Ministre d’État chargé de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël SOMBIÉ, a pu constater l’achèvement complet des travaux de reconstruction du barrage de Goulouré. Une réalisation qu’il a saluée comme l’expression concrète de la vision portée par les plus hautes autorités du pays en matière de maîtrise de l’eau et de développement agricole.

Construit en 1956, le barrage disposait à l’origine d’une capacité limitée de 80 000 mètres cubes. Son effondrement à la suite d’une importante crue en 1998 avait privé les populations locales d’un levier essentiel pour l’agriculture, l’élevage et les activités connexes. Cette situation avait durablement affecté les capacités de production de la zone et accentué la vulnérabilité des exploitants face aux aléas climatiques. La décision de reconstruire l’ouvrage s’inscrit dans une stratégie nationale plus large visant à renforcer la résilience du secteur rural et à sécuriser l’accès à l’eau. Lancés en avril 2025, les travaux ont été conduits par l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles. L’objectif initial consistait à porter la capacité de retenue à 800 000 mètres cubes.

Les résultats obtenus dépassent toutefois largement les prévisions. Grâce à des innovations techniques, à une gestion rigoureuse du chantier et à l’engagement des équipes mobilisées, la capacité finale du barrage atteint désormais 1 023 000 mètres cubes. Cette performance représente plus de douze fois la capacité historique de l’ouvrage et ouvre de nouvelles perspectives pour l’exploitation agricole et pastorale de toute la zone.

Au-delà de la seule question du stockage de l’eau, cette infrastructure constitue un puissant levier de transformation économique. Elle permettra d’accroître les superficies cultivées, de soutenir les productions de contre-saison, de renforcer les activités d’élevage et de favoriser le développement de la pêche continentale. À terme, les effets attendus concernent autant l’amélioration des revenus des producteurs que le renforcement de la sécurité alimentaire nationale. Le projet intègre également une dimension sociale et territoriale majeure. Un ouvrage moderne de franchissement a été réalisé afin de garantir la circulation des personnes et des biens tout au long de l’année. Cette infrastructure met fin aux difficultés récurrentes auxquelles étaient confrontées les populations lors des périodes de fortes pluies, lorsque l’ancien passage devenait impraticable. Les échanges économiques, l’accès aux services essentiels et la mobilité des habitants devraient ainsi connaître une amélioration significative.

Par son ampleur, le barrage de Goulouré symbolise la nouvelle dynamique engagée par le Burkina Faso dans le domaine de l’hydraulique agricole. Il traduit une approche fondée sur la valorisation des ressources nationales, l’efficacité des investissements publics et la recherche d’impacts durables au bénéfice des populations.

À travers cette réalisation emblématique, le pays confirme sa volonté de faire de la maîtrise de l’eau un pilier central de sa stratégie de développement. Dans un contexte marqué par les défis climatiques et les impératifs de souveraineté alimentaire, Goulouré apparaît désormais comme l’un des symboles les plus visibles d’un Burkina Faso qui investit dans ses capacités productives pour construire son avenir.

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