Saturday, 18 July, 2026

SANTE PUBLIQUE : LE DROIT AUX SOINS NE S’ARRETE PLUS A LA PORTE DES URGENCES AU BURKINA FASO


Face aux difficultés régulièrement rencontrées dans les services d’urgence, le ministère burkinabè de la Santé a, dans une circulaire datée du 6 juillet 2026, remis le respect du droit aux soins au cœur des pratiques hospitalières. Désormais, aucune situation de saturation ne pourra justifier qu’un patient en détresse médicale soit privé des premiers soins. Une orientation qui répond à une attente des populations et qui pose, dans le même temps, la question des moyens nécessaires pour transformer cette exigence en réalité quotidienne.

Sauver une vie ne devrait jamais dépendre de la disponibilité d’un lit d’hospitalisation et lorsqu’une urgence médicale survient, chaque minute peut faire la différence entre la vie et la mort. Et dans ces circonstances, l’accès immédiat aux soins ne devrait souffrir d’aucune hésitation ni d’aucun obstacle administratif ou matériel. C’est cette exigence que le ministère de la Santé a choisi de rappeler avec fermeté à l’ensemble des établissements sanitaires du pays. Dans une circulaire en date du 6 juillet 2026, le Secrétaire général du ministère de la Santé, le Dr Joël Arthur Kiendrebéogo, a invité les responsables des structures sanitaires à mettre un terme aux pratiques consistant à refuser des patients admis en situation d’urgence. Cette décision intervient à la suite de dysfonctionnements observés dans plusieurs établissements, où certains malades se sont vu opposer un refus de prise en charge, notamment en raison de l’indisponibilité de lits d’hospitalisation. La circulaire apporte une clarification importante. Même lorsque les capacités d’accueil sont saturées, un patient en urgence médicale ne peut être abandonné à son sort. Les équipes soignantes sont tenues d’assurer les premiers soins indispensables, de stabiliser son état de santé et d’organiser, si nécessaire, son transfert vers une structure plus adaptée.

Cette précision répond à une préoccupation récurrente des populations. Trop souvent, des familles se retrouvent confrontées à une attente angoissante ou à des refus motivés par le manque de places disponibles, alors même que l’état du patient exige une intervention immédiate. Pour autant, cette décision ne saurait produire tous ses effets sans un renforcement des moyens accordés aux établissements de santé. Les professionnels exercent bien souvent dans des conditions particulièrement difficiles, avec des effectifs insuffisants, une forte pression sur les services d’urgence et des infrastructures qui peinent à répondre à une demande croissante. Demander aux équipes médicales d’accueillir tous les patients en situation critique constitue une orientation pleinement justifiée. Encore faut-il leur donner les moyens de remplir cette mission dans des conditions compatibles avec les exigences de qualité et de sécurité des soins. L’augmentation des effectifs de médecins, d’infirmiers et d’agents de santé, l’amélioration des plateaux techniques, l’extension des capacités d’hospitalisation ainsi qu’un meilleur équipement des services d’urgence apparaissent aujourd’hui comme des priorités. Cette réforme rappelle également que l’humanisation des soins ne repose pas uniquement sur les textes. Elle exige des ressources, de l’organisation et un investissement constant dans le système de santé afin que les principes énoncés puissent devenir une réalité quotidienne pour chaque patient.

En réaffirmant que nul ne doit être privé d’une prise en charge lorsqu’une urgence médicale engage son pronostic vital, le ministère de la Santé pose un acte qui mérite d’être salué. La prochaine étape consistera désormais à accompagner cette ambition par des investissements à la hauteur des attentes des soignants et des besoins des populations. Car garantir l’accès aux soins d’urgence ne relève pas seulement d’une obligation administrative, mais d’un engagement collectif envers la dignité humaine.

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