Wednesday, 14 October, 2026

CINQ ANS APRÈS LE 5 SEPTEMBRE, DOUMBOUYA PLACE LA RESPONSABILITÉ AU-DESSUS DU TRIOMPHE


Cinq ans après les événements du 5 septembre 2021 qui ont bouleversé l’histoire politique de la Guinée, Mamadi Doumbouya choisit le registre du recueillement plutôt que celui de la célébration. Dans une adresse aux Guinéens, le président a rendu hommage aux disparus, défendu les transformations engagées depuis son arrivée au pouvoir et réaffirmé sa détermination à poursuivre les réformes ainsi que la vision Simandou 2040. Un discours dans lequel le chef de l’État entend désormais faire de cette date moins le souvenir d’une conquête du pouvoir que celui d’une responsabilité à assumer devant la nation.

Le 5 septembre 2021 avait commencé dans le fracas des armes et s’était achevé par la chute d’un régime. Cinq ans plus tard, Mamadi Doumbouya choisit d’en parler dans un tout autre registre. Ni victoire à célébrer, ni démonstration de puissance. Le président guinéen préfère convoquer la mémoire des disparus et le poids des responsabilités nées de cette journée qui a changé le cours politique du pays. Dans son message adressé à la nation le 5 septembre 2026, le chef de l’État a d’abord rendu hommage aux membres des Forces de défense et de sécurité ainsi qu’à toutes les personnes tombées lors des événements de 2021 et dans la période qui a suivi. Une phrase résume la tonalité voulue par le président. « Le 5 septembre n’est pas un jour de triomphe. C’est un jour de deuil, de gravité et de mémoire. » Cinq ans après son arrivée au pouvoir, Mamadi Doumbouya cherche ainsi à déplacer le regard. Le souvenir de la rupture politique de 2021 désormais associé dans son discours, à l’obligation de rendre compte du chemin parcouru et surtout de celui qui reste à accomplir. Parmi les acquis qu’il revendique figure le recul de l’ethnocentrisme. Le président estime que le vivre-ensemble s’est renforcé et présente la cohésion nationale comme l’une des transformations importantes intervenues durant ces 5 années.

Mais l’adresse présidentielle regarde surtout vers l’avenir

Mamadi Doumbouya a réaffirmé sa détermination à poursuivre les réformes engagées et à conduire les projets structurants jusqu’à leur terme. Au centre de cette ambition demeure Simandou 2040, présenté comme l’un des principaux instruments de la transformation économique et sociale de la Guinée. Le président promet une exécution fondée sur la rigueur, la méthode et la constance, avec l’ambition affichée de transmettre aux générations futures un pays plus prospère et souverain. Ce discours intervient alors que l’État guinéen multiplie les réformes de gouvernance. Réorganisation de l’action gouvernementale autour de quatre pôles, évaluation des performances ministérielles, modernisation de l’administration et suivi accru des projets publics participent désormais à cette volonté de faire de l’exécution des politiques publiques l’un des critères de l’action gouvernementale. C’est précisément sur ce terrain que les prochaines années seront déterminantes. 5 ans après la rupture du 5 septembre, le temps n’est plus seulement aux promesses de refondation. Il est aussi à la capacité de traduire les réformes, les investissements et les grands projets en améliorations perceptibles dans la vie des Guinéens.

En refusant de faire du 5 septembre une journée de triomphe, Mamadi Doumbouya choisit donc de placer cette date sous le poids de la mémoire et de la responsabilité. Cinq ans après la rupture de 2021, une autre séquence commence désormais pour la Guinée, il s’agit de la refondation qui ne sera plus seulement jugée sur les ambitions qu’elle porte, mais sur l’héritage concret qu’elle laissera au pays.

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