Wednesday, 03 June, 2026

QUAND LE MALI RIPOSTE, CERTAINS MEDIAS FABRIQUENT LE SILENCE


À vouloir transformer chaque crise sécuritaire en procès politique contre l’Alliance des États du Sahel, certains médias finissent par sacrifier la rigueur sur l’autel du sensationnalisme. En présentant l’AES comme tétanisée après les attaques du 25 avril au Mali, Jeune Afrique livre moins une analyse qu’un récit orienté, oublieux des réalités militaires, du temps stratégique et surtout de la riposte engagée sur le terrain.

Il y a des silences qui relèvent de la prudence et des commentaires qui relèvent de la précipitation. L’article consacré aux attaques survenues au Mali le 25 avril dernier illustre cette seconde catégorie. Sous couvert d’interrogations journalistiques, le journal substitue l’insinuation aux faits, la posture au discernement, et la spéculation à l’analyse sérieuse. Faire croire qu’une coalition sécuritaire régionale devrait réagir dans l’instant, projeter des troupes en quelques heures et communiquer à grand fracas relève d’une méconnaissance troublante des réalités opérationnelles. Même les armées les plus puissantes du monde n’engagent ni hommes ni moyens lourds sur simple émotion médiatique. Toute réponse militaire sérieuse exige évaluation, renseignement, coordination, sécurisation des axes et choix tactiques adaptés.

Présenter ensuite la retenue communicationnelle des autorités sahéliennes comme un aveu de faiblesse est tout aussi discutable. Dans un contexte de guerre asymétrique, la parole officielle n’obéit pas au rythme des réseaux sociaux ni aux exigences du commentaire instantané. Elle répond à des impératifs de sécurité, de cohérence stratégique et parfois de protection des opérations en cours. Surtout, le texte passe sous silence l’essentiel. La riposte des Forces armées maliennes engagée après les attaques, a infligé de lourdes pertes aux groupes terroristes du JNIM et du FLA. Voilà pourtant l’information centrale. Voilà ce qui intéresse les populations concernées. Voilà ce qui aurait mérité d’être documenté avec sérieux plutôt que noyé sous une dramaturgie politique fabriquée. Depuis plusieurs mois, une partie de la presse semble analyser le Sahel avec des grilles figées où chaque événement devrait confirmer à l’avance l’échec annoncé des nouvelles autorités. Lorsque les faits résistent au scénario, certains préfèrent forcer le récit plutôt que revoir leur copie.

Le journalisme exige mieux que des procès d’intention et des attentes irréalistes. Il impose de regarder les faits, d’entendre le terrain et de mesurer la complexité des décisions militaires. À force de chercher à discréditer l’AES à tout prix, certains commentateurs finissent surtout par affaiblir leur propre crédibilité.

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