Friday, 03 July, 2026

LE MALI DURCIT LE CONTROLE DES VEHICULES NON IMMATRICULES POUR RENFORCER LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME


Le gouvernement malien renforce son dispositif de prévention face aux défis sécuritaires. Depuis le mardi 30 juin 2026, la circulation de tout engin dépourvu de plaque d’immatriculation est interdite sur l’ensemble du territoire national. Cette décision s’accompagne de mesures fiscales destinées à faciliter la régularisation des véhicules, avec une exonération spéciale pour ceux dont la valeur n’excède pas 30 millions de francs CFA et un mécanisme de paiement échelonné sur douze mois pour les véhicules de valeur supérieure. Une réforme qui traduit la volonté des autorités de priver les groupes armés des facilités de mobilité dont ils ont longtemps bénéficié.

Dans les conflits asymétriques qui frappent le Sahel, la mobilité constitue l’un des principaux atouts des groupes terroristes. Les motos et les véhicules non immatriculés leur permettent de circuler discrètement, d’échapper plus facilement aux contrôles et de mener des attaques en limitant les possibilités d’identification. Face à cette réalité, le Mali adapte progressivement son dispositif de sécurité afin de réduire les marges de manœuvre des organisations terroristes. C’est en effet dans cette logique que le gouvernement malien a décidé d’interdire la circulation de tout véhicule ou engin non immatriculé sur le territoire national. Cette mesure vise à améliorer la traçabilité des moyens de transport, à renforcer l’efficacité des contrôles routiers et à faciliter le travail des forces de défense et de sécurité dans la prévention des actes terroristes et des autres formes de criminalité organisée.

Conscient des contraintes financières que peut représenter une telle régularisation, l’État a choisi d’accompagner cette réforme par un dispositif d’allègement exceptionnel. Le ministère de l’Économie et des Finances a annoncé une exonération spéciale en faveur des propriétaires de véhicules dont la valeur n’excède pas 30 millions de francs CFA, afin de lever les obstacles susceptibles de retarder leur mise en conformité. Ainsi ils pourront obtenir leurs plaques d’immatriculation tout en bénéficiant d’un paiement échelonné sur une période de 12 mois soit 1 an. Cette formule permet de concilier les impératifs de sécurité avec les réalités économiques des usagers, en favorisant une régularisation rapide sans imposer une charge financière immédiate. Au-delà de son aspect administratif, cette décision répond à une exigence opérationnelle. Dans plusieurs attaques enregistrées au Mali et dans d’autres pays du Sahel, les groupes armés ont largement recours à des motos et à des véhicules anonymes pour transporter des combattants, des armes ou du matériel logistique. En rendant l’immatriculation obligatoire pour tous, les autorités maliennes entendent réduire les possibilités de dissimulation et renforcer les capacités d’identification des forces engagées sur le terrain.

La lutte contre le terrorisme ne repose pas uniquement sur les opérations militaires. Elle exige également des mesures préventives capables de compliquer l’organisation et les déplacements des réseaux criminels. En associant fermeté réglementaire et accompagnement financier, le gouvernement malien fait le choix d’une approche qui conjugue sécurité, responsabilité et pragmatisme. Si elle est pleinement appliquée, cette réforme pourrait constituer un levier supplémentaire dans l’effort engagé pour réduire les capacités d’action des groupes armés et renforcer la protection des populations.

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