Le Mali reprend le contrôle majoritaire de son opérateur historique de télécommunications. À la faveur d’un accord conclu avec Maroc Telecom, l’État porte sa participation de 49 à 56 pour cent du capital de la SOTELMA, mettant un terme à dix-sept années de majorité marocaine. Adossée au renouvellement de la licence d’exploitation pour une durée de quinze ans, cette opération permet également au Trésor public de percevoir 160 milliards de francs CFA sans engager de dépenses budgétaires.
Le 23 octobre 2024, le gouvernement malien franchissait une étape importante dans sa politique de souveraineté économique en approuvant, lors du Conseil des ministres, le renouvellement de la licence d’exploitation de SOTELMA-SA. Cette décision, intervenue après sept mois de négociations avec le groupe marocain Maroc Telecom, ne se limitait pas à la reconduction d’une autorisation d’exploitation. Elle redéfinissait également l’équilibre de l’actionnariat de l’opérateur historique au profit de l’État malien.
Dix-sept ans après la privatisation de la Société des télécommunications du Mali, l’État malien retrouve une position majoritaire au sein de son opérateur historique. Cette évolution résulte d’un accord conclu avec le groupe Maroc Telecom, dans le cadre du renouvellement de la licence globale d’exploitation de la SOTELMA pour une durée de quinze ans. Contrairement à certaines interprétations largement relayées, l’État malien n’a pas déboursé 160 milliards de francs CFA pour reprendre le contrôle de la SOTELMA. Cette somme correspond au montant versé par l’opérateur au titre du renouvellement de sa licence d’exploitation. En contrepartie, la société conserve le droit d’exploiter les réseaux de télécommunications et les services internationaux sur le territoire malien pendant les quinze prochaines années. L’accord entraîne également une recomposition du capital. La participation de l’État passe de 49 à 56 pour cent, tandis que celle de Maroc Telecom est ramenée de 51 à 44 pour cent. Le groupe marocain demeure ainsi un partenaire industriel de premier plan, mais renonce à la majorité qu’il détenait depuis la privatisation de 2009. Cette évolution met un terme à une configuration instaurée lorsque Maroc Telecom avait acquis 51 pour cent du capital de la SOTELMA pour un montant d’environ 180 milliards de francs CFA, l’État conservant alors les 49 pour cent restants. Dix-sept ans plus tard, les deux partenaires choisissent de rééquilibrer leur coopération autour d’un modèle qui confère à l’État malien la maîtrise des orientations stratégiques de l’opérateur. Au-delà de la recomposition de l’actionnariat, cette opération procure au Trésor public une recette substantielle tout en renforçant la capacité des pouvoirs publics à accompagner le développement des infrastructures numériques. Elle s’inscrit dans une vision qui accorde une place croissante aux secteurs stratégiques dans les politiques nationales de développement.
Sous le leadership du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, le retour de l’État à la majorité du capital de la SOTELMA illustre une approche qui conjugue souveraineté économique, attractivité des investissements et continuité du partenariat avec les acteurs internationaux. En préservant l’expertise industrielle de Maroc Telecom tout en réaffirmant la prééminence de l’État dans un secteur essentiel, le Mali ouvre une nouvelle phase de gouvernance de ses télécommunications, fondée sur un équilibre renouvelé entre intérêts publics et coopération économique.

