Le Togo et le Burkina Faso ont officiellement lancé, le 20 juillet 2026 à Yargatenga, une campagne transfrontalière de chimio-prévention du paludisme saisonnier destinée aux enfants âgés de 3 à 59 mois vivant dans les communautés frontalières. Prévue du 23 au 26 juillet, cette initiative commune traduit la volonté des deux États de faire de la coopération sanitaire un levier majeur dans la lutte contre l’une des maladies les plus meurtrières d’Afrique de l’Ouest.
Les frontières séparent les États, mais elles n’arrêtent ni les maladies, ni les souffrances qu’elles infligent aux populations. Face à cette réalité, la protection des plus vulnérables ne peut relever d’une action isolée. Elle exige une coopération fondée sur la confiance, la solidarité et la conviction que certaines batailles ne se gagnent qu’ensemble. C’est cette vision que le Togo et le Burkina Faso ont choisi de traduire en actes à travers une nouvelle offensive commune contre le paludisme. Réunis à Yargatenga le 20 juillet dernier, le ministre togolais de la Santé, Jean-Marie Tessi, et son homologue burkinabè, Jean Claude Kargougou, ont procédé au lancement officiel d’une campagne transfrontalière de chimio-prévention du paludisme saisonnier. L’opération, qui se déroulera du 23 au 26 juillet, cible les enfants âgés de 3 à 59 mois vivant dans les communautés frontalières, une tranche d’âge particulièrement vulnérable aux formes graves de la maladie. Après la cérémonie officielle, les deux délégations se sont rendues à Cinkassé où le traitement préventif a été administré symboliquement à deux jeunes enfants. Au-delà de la portée protocolaire de ce geste, cette étape rappelle que derrière les politiques de santé publique se trouvent des milliers de familles dont les enfants demeurent les premières victimes du paludisme.
Cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus large déployée par les autorités togolaises pour réduire durablement le poids de cette maladie. Elle vient renforcer les campagnes de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide ainsi que l’introduction du vaccin antipaludique dans le Programme élargi de vaccination, avec un objectif commun, réduire les formes graves de la maladie et sauver davantage de vies. Au-delà de son volet sanitaire, cette initiative illustre l’évolution des relations entre le Togo et le Burkina Faso. Depuis plusieurs mois, les deux pays ont considérablement renforcé leur coopération sécuritaire afin de faire face à la menace terroriste qui pèse sur leurs espaces frontaliers. En élargissant aujourd’hui ce partenariat au domaine de la santé, Lomé et Ouagadougou démontrent que la protection des populations ne se limite pas aux opérations militaires. Elle passe également par la prévention des maladies, la protection des enfants et l’amélioration des conditions de vie des communautés. Cette approche témoigne d’une vision plus globale de la coopération africaine. Les défis auxquels le continent est confronté, qu’ils soient sécuritaires, sanitaires, climatiques ou économiques, dépassent souvent les capacités d’un seul État. Ils appellent des réponses concertées, construites autour de la solidarité, du partage d’expériences et de la mise en commun des ressources. La campagne lancée entre le Togo et le Burkina Faso illustre cette conviction selon laquelle les solutions africaines reposent d’abord sur la capacité des pays africains à agir ensemble. Dans les zones frontalières, où les populations partagent le même environnement, les mêmes habitudes de vie et les mêmes risques sanitaires, une action coordonnée permet d’améliorer considérablement l’efficacité des politiques de prévention. En unissant leurs efforts, les deux pays réduisent les risques de propagation de la maladie tout en renforçant la confiance entre leurs services de santé et leurs populations.
Le paludisme demeure l’un des plus grands défis de santé publique en Afrique. Pourtant, la campagne engagée par le Togo et le Burkina Faso dépasse largement le cadre de la lutte contre cette maladie. Elle rappelle qu’une coopération durable ne se construit pas uniquement face aux menaces sécuritaires, mais aussi autour de la protection de la vie, de la santé et du bien-être des populations. En faisant de la solidarité un principe d’action, les deux voisins offrent l’image d’une Afrique qui choisit de relever ses défis collectivement. C’est dans cette capacité à unir les efforts, à partager les responsabilités et à bâtir des réponses communes que se dessinent les fondations d’un développement plus résilient et d’un avenir plus sûr pour le continent.

