Sunday, 30 August, 2026

PABRÉ OUVRE UN NOUVEAU CHAPITRE DE LA POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE BURKINABÈ


Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans le renforcement de son système électrique avec l’inauguration, le 21 juillet 2026, de la centrale thermique de Pabré, d’une capacité de 50 MW. Cette infrastructure, réalisée avec AL AHRAM TAQA, fait partie d’un programme national destiné à accroître la production d’électricité, à soutenir la croissance de la demande et à réduire progressivement le recours aux importations énergétiques.

L’électricité est devenue l’un des principaux moteurs de la compétitivité des économies modernes. Sans une production suffisante et un réseau fiable, l’industrialisation ralentit, les investissements hésitent et les ambitions de développement se heurtent rapidement à leurs limites. Confronté à une demande énergétique en constante progression, le Burkina Faso multiplie les investissements afin d’accroître sa capacité de production. L’inauguration de la centrale thermique de Pabré s’inscrit dans cette dynamique, avec l’objectif de renforcer durablement l’approvisionnement du réseau national et de réduire progressivement la dépendance du pays aux importations d’électricité. C’est dans cette dynamique que le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé, le mardi 21 juillet 2026, à l’inauguration officielle de la centrale thermique d’urgence de Pabré, dans la province du Kadiogo. D’une puissance installée de 50 MW, cette infrastructure a été réalisée avec l’entreprise AL AHRAM TAQA dans le cadre du programme de renforcement des capacités nationales de production d’électricité. Pour le chef du gouvernement, cette réalisation dépasse largement la mise en service d’un nouvel équipement. Elle constitue une étape décisive dans la construction d’une souveraineté énergétique destinée à réduire la vulnérabilité du pays face aux importations d’électricité. Cette orientation traduit une évolution profonde de la politique énergétique nationale. Pendant de nombreuses années, le Burkina Faso a largement compensé son déficit de production par des importations d’énergie. Si cette stratégie a permis de répondre à une partie des besoins, elle a également montré ses limites face à l’augmentation de la demande, aux fluctuations des marchés régionaux et aux impératifs de sécurité énergétique. La centrale de Pabré s’inscrit dans un programme plus vaste comprenant sept projets de production d’électricité, dont quatre sont déjà achevés. À terme, ces différentes infrastructures devraient porter les capacités nationales à près de 221 MW, renforçant considérablement l’autonomie du réseau électrique burkinabè. Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a rappelé que cette centrale représente un investissement d’environ 18 milliards de FCFA. Équipée de 72 groupes de production CUMMINS, elle contribuera à améliorer la stabilité du Réseau national interconnecté tout en répondant à une demande énergétique en constante progression.

Cette dynamique ne s’arrête pas à Pabré. Dans les prochaines semaines, les centrales de Bobo II, Koudougou, Kaya, Komsilga et Donsin seront progressivement mises en service, renforçant davantage les capacités de la SONABEL. En parallèle, les investissements se poursuivent dans les postes électriques, les lignes de transport et les équipements destinés à améliorer l’acheminement de l’électricité vers les différentes régions du pays. Le gouvernement prépare également une nouvelle étape avec le lancement d’une centrale thermique de 120 MW à Saaba, à l’est de Ouagadougou. Porté par une filiale d’AL AHRAM TAQA, ce projet représente un investissement prévisionnel de plus de 133 milliards de FCFA et devrait entrer en service en 2027. Au-delà des infrastructures, cette coopération illustre une vision de partenariat fondée sur le long terme. L’administrateur général d’AL AHRAM TAQA, Massoud Hassan Abdo Jaied, a réaffirmé la volonté de son groupe d’accompagner durablement le Burkina Faso, aussi bien dans les projets thermiques que dans le développement des énergies solaires. Le projet a par ailleurs bénéficié de l’appui financier de Coris Bank, témoignant de la mobilisation d’acteurs nationaux et internationaux autour de cette ambition. 

L’inauguration de la centrale de Pabré ne représente pas seulement l’arrivée de 50 MW supplémentaires sur le réseau national. Elle traduit une volonté politique de bâtir un modèle de développement reposant sur une production énergétique plus autonome, plus résiliente et davantage tournée vers les besoins du pays. Dans un contexte où l’accès à l’électricité conditionne l’industrialisation, la compétitivité des entreprises et l’amélioration des conditions de vie, le Burkina Faso fait le choix d’investir dans une ressource devenue indispensable à l’exercice de sa souveraineté. L’énergie n’est plus seulement un service public. Elle devient l’un des fondements de l’indépendance économique et du développement durable du pays.

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